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Hotel des Postes Strasbourg - Neustadt 1899-2020 / Histoire d’une renaissance urbaine

Hotel des Postes Strasbourg - Neustadt 1899-2020 / Histoire d’une renaissance urbaine

Une "parure durable" depuis plus de 120 ans

Au cœur de la Neustadt, inscrit depuis 2017 au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'Hôtel des Postes est né d'une volonté politique forte. En délocalisant la poste centrale de Strasbourg sur l'axe Kaiser-Wilhelstrasse (littéralement : la route de l'Empereur Guillaume), le gouvernement impérial voulait (ré)affirmer la prééminence du nouveau centre administratif de la capitale du Reichsland. 


Au fil des décennies, ce "monument d'Empire" a vu se succéder, à l'image de l'Alsace entière, trois changements de nationalité. Il a vu défiler aussi bien les intempéries que les multiples conflits. Le bâtiment a surtout été le témoin du développement considérable des technologies et services de poste et de télécommunication. 


À la veille de la guerre franco-prussienne de 1870, 74 bureaux de poste étaient en activité en Alsace. Rue Brûlée, Grand-rue, rue du Dôme, rue de la Nuée-Bleue... de tout temps à Strasbourg, la Poste centrale a connu de multiples adresses. Auparavant installée dans l'Hôtel du Commerce de la Place Gutenberg de Strasbourg, la Poste prend ses nouveaux quartiers à l'Hôtel des Postes en 1899. Inauguré le 12 novembre cette même année à 11h00 par le Secrétaire d'Etat de la Poste, Von Podbielski, l'ensemble architectural se devait d'être "la preuve vivante de la grandeur et de la puissance de la patrie unie". 


Trois années ont été nécessaires pour ériger cette structure de style néo-gothique, construite en un temps record. Etabli par les architectes berlinois Ernste Hake et Ewald von Rechenberg, l'Hôtel des Postes est bâti d'avril 1896 à août 1899, sur un terrain de 11 000m2 aux abords des bâtiments ministériels et impériaux. Le coût total des travaux s'élève à 2,35 millions de Reichmark, soit 31,5 milions d'euros estimés. 


A cette époque, Strasbourg est alors capitale d'un territoire intitulé "Terre d'Empire Alsace-Loraine", régi par le Reich Allemand. Sous l'impulsion de ce dernier, la métropole voit alors se développer une politique d'urbanisme trés importante. plus de 40 bâtiments publics y sont érigés entre 1870 et 1918 (la gare centrale, l'université, le Palais de l'Empereur (aujourd'hui, le Palais du Rhin)...) Forte de cette dynamique, jusqu'à 1914, Strasbourg triple sa population qui passe de 75 à 175 000 habitants. 


Pour l'Hôtel des Postes, le choix de style néo-gothique a été approuvé et annoté par l'empereur Guillaime II en personne, dès 1895. Un avant-projet, de l'architecte Skjold Neckelmann, largement inspiré du style néo-renaissance du Reichstag de Berlin (1884-1894), a été envisagé au préalable, puis finalement rejeté. Cette rupture avec les constructions alentours s'inscrit toutefois dans la continuité par l'utilisation du grès blanc, extrait des carrières de Phalsbourg et Arzviller. 

1971 : Le hold-up du siècle

Le 30 juin, en moins de 4 minutes, quelques 4 ou 6 hommes armés s'emparent de plus de 11 millions de Francs (près de 1,7 millions d'euros), provenant de la Banque de France et destinés aux payements des rentes et pensions vieillesses. C'est alors, le vol le plus important jamais commis en France !

En parfait état



Dès son origine, l'Hôtel des Postes incarne une véritable vitrine d'innovations et de progrès technologiques (l'électricité pour le télégraphe...). En outre, l'édifice présente un état de conservation remarquable. Ses restaurations consécutives aux dégâts causés par la Seconde Guerre, sont particulièrement rigoureuses et conformes, à tel point qu'elles restent aujourd'hui difficiles à déceler. Seul le rehaussement de la Tour des Télécom est nettement visible. 


Quelques éléments décoratifs ont cependant disparu, souvent motivés par des faits et contextes historiques. A titre d'exemple, les écus affichant les aigles impériaux et la couronne du Saint Empire romain germanique ont totalement été détruits; ou encore, sur la façade de l'Avenue de la Marseillaise, 6 statues représentatives des empereurs allemands sont décapitées en 1918, juste avant la libération de Strasbourg, puis victimes des bombardements de 1944.


La reconstruction de 1949, permet de moderniser les installations, d'ouvrir les volumes et surfaces au profit de plus larges baies vitrées. Le choix du grès rose, sur la façade Avenue de la Marseillaise est alors intentionnel, pour rompre avec le matériau utilisé en 1899, sous l'occupation (dans une optique purement fonctionnelle). Bien que divers changements sont opérés depuis plus de 120 ans d'exploitation, les principaux services stratégiques, tels que le bureau de poste, les services de télécommunication et les bureaux de la direction restent établis aux mêmes endroits. 


Dernier exemple d'un édifice postal de style néo-gothique construit par l'Empire allemand de 1897 à 1899, l'Hôtel des Postes fait ainsi figure d'une "parure durable" pour Strasbourg, tel qu'énoncé dès son inauguration.